Œuvres

Le Style

Un Américain en Bretagne

Charles Henry Fromuth suit d’abord une formation académique à la pennsylvania Academy of the fine arts, sous la direction du réaliste Thomas Eakins. Très tôt, il ressent le besoin d’échapper à l’enseignement rigide du dessin d’après modèle pour aller vers une peinture plus spontanée, nourris par l’observation directe de la nature. Son arrivée en France à la fin du XIXe siècle est décisive : il découvre la Bretagne et s’installe à Concarneau, un port de pêche animé dont il ne se détournera plus. C’est là, au contact de la mer et de la lumière changeante de l’Atlantique, qu’il forge un style profondément personnel.

Le motif maritime : un laboratoire de sensations

Fromuth se consacre presque exclusivement à la mer et aux ports Bretons. Ces sujets semblent simples – des voiliers, des chaloupes, des voiles tendues par le vent, des reflets mouvants – mais il les aborde comme un véritable terrain d’expérimentation visuelle.

Il ne cherche pas à représenter fidèlement un lieu ou un moment : il veut peindre le mouvement même.  » le mouvement est l’idée maîtresse de mon œuvre », disait-il. Les voiles battues, les cordages tendus, les surfaces de l’eau vibrante deviennent les moyens plastiques d’une quête de rythme et d’énergie.

A travers la répétition du thème maritime, Fromuth ne se répète jamais : chaque pastel saisit une vibration différente, un souffle, une heure du jour. La mer devient une écriture.

Une technique singulière : le pastel comme matière vivante

Si fromuth à pratiquer l’huile, c’est au pastel qu’il doit sa véritable originalité. Ce médium, qu’il maîtrise jusqu’à l’extrême, lui permet de travailler vite, d’accumuler les couches et de moduler les transparences.

Il fabrique ses propres palettes de couleur, obtenant une gamme subtile et dense, capable de traduire la lumière de Bretagne dans toutes ses nuances. Le pastel lui offre une liberté de geste proche du dessin.

« Je commençais à fabriquer ma propre palette de pastels choisis dans les couleurs appropriées, qui s’harmonisent avec le ton local et avec le dégradé qui convient : verts, bruns, bleus, violets, rouges, jaunes et chaque gamme déterminée par les conditions atmosphériques. J’ajoutais des gammes de dix teintes neutres, qu’en art on nomme « gris », qui sont toutes nuancées par les dernières notes colorées des principales couleurs et s’imposent comme les intermédiaires nécessaires à l’expression de ma recherche des couleurs du motif choisi. » (extrait de « Lettre à mes frères »)

Le papier, souvent laissé visible, participe de la composition. Par touches nerveuses, il pose la couleur comme une succession de rythmes : les coups de pastel deviennent le souffle des vents sur les voiles.

Un langage pictural entre réalisme et abstraction

Fromuth s’inscrit dans la lignée des impressionnistes, par son goût pour la lumière changeante et la peinture  » sur le motif ». Mais il s’en écarte par son intensité gestuelle et sa simplification des formes.

Peu à peu, ces compositions tendent vers l’abstraction du réel : les voiles deviennent des triangles de couleurs, les coques de bateaux se fondent dans la mer, les lignes d’horizon se dissolve dans la lumière. Il ne s’agit plus de représentez le port, mais de faire sentir le rythme du monde visible.

Son œuvre témoigne aussi d’une influence discrète de l’art japonais, qu’il découvre à l’exposition universelle de 1900: format allongé, horizon haut, équilibre des vides et des pleins. Ces principes renforcent l’harmonie et la tension de ses compositions.

Une esthétique du retrait et de la sincérité

Peintre discret, solitaire, fromuth. Installé à Concarneau jusqu’à sa mort, il expose peu, préférant la recherche intérieure à la reconnaissance publique.

Son isolement volontaire lui permet de préserver une liberté rare. il suit son propre chemin, indifférent aux écoles et aux tendances. Cette sincérité confère à ses œuvres une force poétique singulière : elle dégage une émotion immédiate, à la fois intime et universelle.

La conservation de ses œuvres

Très soucieux de la pérennité de ses œuvres, Fromuth avait soigneusement préparé leur conservation.

Il était convenu qu’après sa mort, son œuvre repartirait chez son frère en Amérique. Il avait méthodiquement et obstinément préparé, classé, toutes les œuvres de son atelier. Il avait fabriqué des caisses pour les expédier. Les caisses étaient répertoriées, numérotées et la liste de leur contenu rigoureusement établie.

Soucieux de protéger les fusains et les pastels contre l’altération du frottement ou de l’humidité, il avait établi un système d’encadrement très sophistiqué.

Les pastels et des fusains étaient pointés sur un panneau de carton ou de bois. Puis cédez sous-vitre. Les grandes pièces étaient fermées par un dos de bois. Les dos en carton étaient traités au vernis, une à 2 couches virgule pour l’empêcher d’absorber l’humidité ambiante, virgule et de la transmettre aux pastels. Au dos des grandes œuvres destinées à figurer dans des expositions à Paris ou à l’étranger virgule, il apposait son pochoir.

Il collait. Une étiquette Manuscrite avec le numéro de l’œuvre, son titre (en anglais ou en français parfois), La date et son nom. A certains titres, il ajoutait, « souvenirs de… » Lorsqu’une œuvre avait été créée en atelier, d’après une étude faite à une autre date, souvent beaucoup plus ancienne point, les peintures à l’huile sont répertoriées n°AA. Les fusains n°BB, les pastels n°CC (extrait de « Journal d’un américain à Concarneau » édition Galerie Gloux-Musée de la pêche, 2004)

Signature et monogramme

Les œuvres de Fromuth sont, pour la plupart signées, datées, numérotées. dès 1896, Fromuth ajoute un monogramme à sa signature .

Le numéro se trouve souvent sur la coque des bateaux, à l’emplacement de l’immatriculation


Huiles (AA)

autoportrait
1AA
2AA
4AA
5AA
13AA
14AB
171AA
41AA

Pastels (CC)

5BB 1895
9CC 1895
10BB 1895
22CC 1895 Villard
67B 1895
77B 1895 Barbizon
941cc The storm stranded fleet
950CC « Evening harbor glow, tunny and sardines boats, 1931 » 69×152 – collection ville de Concarneau – Don de A.G. Fromuth en 1938
951CC
87CC
112CC
137CC
129CC
137CC
151CC
165CC
179CC
186CC
222CC
223CC
231CC

Fusains

9BB
203BB
207BB
209BB
296BB
297BB
512BB

Série de photos prises par son ami Edward Drummond Young (1876-1946), photographe écossais, en 1920.

457BB
459BB
470BB
472BB
495BB
496BB
499BB
500BB
504BB