Lettre à mes frères William et Auguste à L’occasion des vœux de Noël et du Nouvel An 1929.
Frère, mon humeur me reporte en 1889 : cela fait 40 ans que j’ai quitté la maison et le pays, poussé par un élan irrésistible.
Ne m’accusez pas de manque de patriotisme, j’en avais à profusion mais j’étais aussi habité par une incapacité à me soumettre aux normes imposées par l’époque. Ma jeunesse dans mon pays natal ne m’a jamais offert la perspective d’un avenir satisfaisant et j’ai toujours pensé que je ne pourrais pas m’assimiler à ce qui m’attendait sans arrière-pensée poignante que j’en aurais des remords plus tard. Dès mon enfance, je devins d’un tempérament mélancolique, résultat de ma perpétuelle irritation à l’égard de mon environnement, ce qui développa mon sens critique dans mon isolement. Ce qui me déplaisait, c’était la tendance collective à l’autosatisfaction, l’opportunisme omniprésent, l’insensibilité universelle à toute recherche de la beauté.
Né avec une inclination pour l’art, je ne trouvais pas matière à progresser, je n’avais pas même le rêve de m’accomplir dans le milieu où le sort m’avait jeté…
A Philadelphie, La première académie des beaux-arts fut fondée en 1805. Celle-ci fut détruite par le feu. Une dizaine d’années plus tard, quand j’eus 21 ans, j’appris qu’une nouvelle et belle académie parfaitement équipée, avait ouvert ; à cette époque, un autre incendie détruisit l’atelier de lithographie où j’étais apprenti. Ne trouvant pas d’autres endroits où travailler j’entrais à l’académie, qui était libre, ou Thomas Eackins était récemment devenu professeur d’art. Dans la semaine, j’abandonnais toute idée de retour à la lithographie et je me cramponnais coûte que coûte pour cinq ans à cette institution. Étudier l’art devint un plaisir mais l’étude de sa signification me révéla l’absence de recherche artistique en Amérique car il n’existait nulle part d’exemples d’art. De plus, la majorité des étudiants visait seulement à faire de la peinture commerciale, ce qui choquait ma sensibilité artistique. A nouveau, j’aurais senti une pesante solitude d’autrefois et ma mélancolie augmenta encore car cet environnement heurtait mon penchant artistique. Ma résolution était prise. Je prendrai n’importe quel travail rémunéré pour amasser suffisamment d’argent et quitter mon pays natal pour l’Europe.
Accostant l’Europe à Amsterdam, mon insatisfaction se changea en espoir quand je contemplais la place Rembrandt avec la statue de l’artiste et plus tard à Anvers en Belgique, la place Verte ornée d’une statue de Rubens, les fleurons de ces deux nations. Ayant accompli mon pèlerinage à travers ces deux pays, je le poursuivis à Paris durant un mois, jusqu’à la fermeture de l’exposition universelle de 1889, où l’art contemporain mondial était exposé, ainsi qu’une rétrospective de cent ans d’art français. Le mois suivant fut consacré au Louvre, puis je passais une semaine au musée du Luxembourg.
J’avais alors acquis suffisamment de jugement pour surmonter ma déception car je n’avais trouvé rien d’autre ici que l’art officiel reconnu par le public ; maintenant, 40 ans après, il est totalement oublié.
De l’école de Barbizon, je n’ai presque rien vu ! De l’impressionnisme dont j’avais entendu parler, rien et rien non plus pour éveiller mon intérêt dans l’exposition universelle de Paris de 1889. Cependant, je ne fus pas totalement déçu : ces deux écoles avaient ouvert une voie qui était fondée sur la nature et ouverte à tous indifféremment.
Bien qu’elles fussent officiellement contestées, je pris le parti de suivre leur direction en me disant à moi-même : va, va quelque part à la recherche des ressources de la nature pour ton art ainsi qu’ils l’ont fait.
En quête d’un lieu qui me convienne, la chance me conduisit au port de Concarneau où je plantais mon chevalet et où j’ai tenu bon durant 40 ans avec le plaisir d’oublier ce qui se passe dans le reste du monde.
Nature, art et paix de l’esprit sont ici réunis comme à dessin pour faire éclore la création.
C’est ici que mes yeux, mon esprit et mes sentiments se mirent à l’unisson. Mon état d’âme était en accord avec l’atmosphère ; la beauté du port stimulait ma sensibilité en m’offrant un thème de travail. Je trouvais un sujet façonné par des siècles de traditions, illustrant à la perfection l’harmonie des rapports de cause à effet. En outre, tous les éléments naturels semblaient m’offrir la plus grande variété de matières artistiques de façon suffisamment abondante pour créer une véritable communion entre la nature et moi.
Ayant atteint mon objectif j’étais plein d’ardeur pour s’approprier sa signification profonde.
Je rejetais cette mentalité de voyageur, courante chez les peintres, qui consistent à trotter sur les talons des touristes et à peindre ce qu’ils ont vu.
Ce que je voyais et ressentait était d’une telle mobilité que cela était impossible à traduire par la pose et tous les efforts tentés pour y arriver, même par la photographie, échouèrent à traduire l’essentiel.
Un soir d’octobre au soleil couchant, ce spectacle mouvant constitua un tel ensemble pictural que mon intuition et mon émotion se rejoignirent pour me suggérer une méthode de travail.
Ce fut alors que ma parut possible une création artistique capable d’abstraction ; la seule façon d’y parvenir était de m’astreindre à un travail long, méthodique et quotidien…
Réflexion faite, je sentis que le mouvement était l’élément fondamental de ce sujet si artistiquement agencé. À ma droite, la pleine mer ; puis trois autres sites abrités par une jetée composaient deux ports naturels, d’importance inégale, séparés par un village fortifié sur un îlot rocheux : le vieux Concarneau ! La terre s’élevait ourlée de rochers descendant en pente douce sur la mer et dans ce magnifique abri naturel, 600 sardiniers rentraient chaque jour du large, créant ainsi une intense animation, incitant à d’infinis thèmes, dominés constamment par la mer, les marées, les vents et les intempéries. Déployant une activité d’une complexité extrême, ces bateaux s’intégraient pourtant à l’ordre naturel.
Comment procéderais-je ?
Les effets extraordinairement fugitifs de ces reflets, leur mobilité dansante et la possibilité d’en tirer une ingénieuse variété de motifs, me fournir un sujet artistique d’un nouvel ordre qui me suggéra une nouvelle méthode de dessin.
Grâce à mon intuition artistique, à ma capacité à m’astreindre à une méthode, je mis au point une manière de procéder. Il s’agissait d’adopter ma vie au rythme de ma recherche, de maîtriser le sujet et sa construction jusqu’à obtenir une œuvre qui en soit la synthèse.
Ce sont les principes que m’a inculqués. Thomas Eakins à l’académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie, le plus grand professeur d’art en Amérique. Ce fut lui qui nous enseigna à exercer notre regard à partir d’une vision d’ensemble du sujet traité et à L’exécuter directement avec palette, pinceaux et couleurs.
Cet enseignement, « la vision globale », était un principe solide d’où résultait une bonne « ébauche » du sujet ; mais dans ce port où tout bougeait, je sentis la nécessité de détacher et d’étudier séparément et méthodiquement les principaux éléments artistiques et ce sans risque car je gardais en tête une conception d’ensemble.
Je n’oublierai jamais le soir où, après de vains efforts pour rendre ce que je ressentais, je refermais ma boîte de peinture à l’huile et cela devait s’avérer définitif. Le fusain, technique que je n’avais jamais pratiqué, m’a paru soudain comme le moyen de conquérir ce sujet difficile…
Les résultats de cette technique commencèrent bientôt à me prouver que j’étais sur la bonne voie pour comprendre mon sujet. Dans mon esprit, la perception des couleurs restait intacte et je réalisais que leur rendu direct était nécessaire pour correspondre à la mobilité du port.
Je sentis vite que le fusain me donnait les moyens de maîtriser la complexité mouvante que je contemplais…
Chaque jour, ma seule occupation était de me rendre en divers points d’observation avec chevalet, carnet et fusains pour voir le départ ou le retour des bateaux de pêche et, plus tard, à la fin de la journée, le merveilleux décor du port et du bassin avec ses filets hissés. Quelques années après, je découvris que je produisais au fusain des œuvres d’une réelle originalité. Cela se vérifia qu’en quelques-uns de ses fusains furent exposés au dernier Salon puis à l’exposition de l’Académie de Pennsylvanie. Je prie pour un encouragement d’attention qu’ils éveillèrent. Cependant ce fut la première et la dernière fois que j’exposais des fusains car mon intention était d’introduire la couleur, au moyen du pastel qui permettrait de saisir plus directement la mobilité et la plasticité de mon sujet. J’avais abandonné toute idée de m’intégrer aux critères artistiques en vogue, qui vous classe dans la catégorie des suiveurs.
Lentement mais sûrement, le pastel s’imposait à moi comme la meilleure façon d’aborder la couleur pour tirer parti de l’aisance que j’avais acquise au fusain.
Deux visions fugitives de la nature – l’une du port et l’autre de la flèche dentelée de l’Église gothique d’un village, toutes les deux vues après le coucher du soleil – m’offrir un tel faste de coloris juxtaposés et d’une structure déjà complexe que je pensais alors si je possédais un choix de pastel dans un dégradé de couleurs approprié, je pourrais exprimer à la fois la couleur et le dessin plus spontanément qu’à la peinture à l’huile.
Durant cette longue période où je me réduisis à la monochromie, mon but était de maîtriser le dessin, la construction et la composition plastique, permettant de libres arrangements dictés par mon intuition picturale. À cette époque, je me contentais d’observer et j’étudiais le rôle de la couleur en la mémorisant ; non pas la couleur fortuite, mais la couleur dominante typique de ce climat, qu’on appelle couleur locale.
Quand j’ai établi ma palette de pastel sur ce principe, ma première intention était de trouver des pastels en harmonie avec le sujet traité et d’autres, en contraste, pour saisir les variations climatiques de l’instant.
Les couleurs qui s’offraient à mes yeux étaient enveloppées d’une brume grise tellement délicate que, quelle que soit la couleur, elle ne pouvait être rendue fidèlement par la palette mise en vogue par le succès des impressionnistes.
Mon œil avait distingué une série de couleurs subtiles, le plus souvent composées, d’une gamme aux tons sourds, poétiques comme feutrés…
Je commençais à fabriquer ma propre palette de pastels choisis dans les couleurs appropriées, qui s’harmonisent avec le ton local et avec le dégradé qui convient : verts, bruns, bleus, violets, rouges, jaunes et chaque gamme déterminée par les conditions atmosphériques. J’ajoutais des gammes de dix teintes neutres, qu’en art on nomme « gris », qui sont toutes nuancées par les dernières notes colorées des principales couleurs et s’imposent comme les intermédiaires nécessaires à l’expression de ma recherche des couleurs du motif choisi.
Mon objectif était de créer une palette de pastels qui pourrait capter l’ambiance atmosphérique avec toutes les couleurs du sujet, directement en ayant sélectionné d’avance quatre ou cinq nuances que je ressentais comme essentielle pour traduire chaque couleur…
J’avais acquis la conviction que la Nature n’offrait aucune couleur positive quel qu’elle soit. Ceci me conduisit à changer souvent l’emplacement des couleurs et des nuances sur ma palette de pastel : j’en éliminais certaines pour les remplacer par de nouvelles que je jugeais essentielles.
De plus, l’emplacement de chaque gamme était soumis à des changements, de manière à rapprocher les nuances. Mais un principe me guidait à réduire plutôt qu’à augmenter ma palette de pastels pour obtenir la couleur recherchée.

Comme les années passaient, je sentis que j’approchais de plus en plus de la palette idéale, susceptible d’interpréter les couleurs mystérieuses de la nature, c’est-à-dire un ensemble de couleurs essentielles, dégradées avec justesse et localisée avec précision dans la gamme de couleurs ; ainsi je pouvais sélectionnez immédiatement les teintes qui donneraient vie à mon sujet.
Avec les pastels, je crois que j’ai réussi à obtenir l’unité de la couleur et du dessin.
J’avoue que je me sens heureux quand je contemple un de mes tableaux, études ou fusains récents. Je trouve là un rappel vivant de la nature que j’ai interprété. Hélas, pour le public non averti, il demeure sans signification…
J’ai désiré élargir ma conception artistique et réussir à traduire le caractère spécifique de ce port de pêche…
L’humeur de l’océan, son flux et son reflux deux fois par jour disloque la stabilité de l’horizon. De tels changements offrent un spectacle varié. Peindre les caprices de la mer dans son rythme devient encore plus difficile à l’intérieur du port où les allées et venues des bateaux de pêche avec leurs reflets miroitants sur l’eau, sont toujours prétextes à dessiner.
Mais ce n’est pas tout. Une fois que les pêcheurs ont disposé du poisson, Ils pavoisent le port en hissant leurs filets bleus pour qu’ils sèchent, offrant ainsi un spectacle décoratif et spontané qui ajoute à mon désir de peindre.
Par nature, j’avais peu de dispositions pour peindre ce qui est immobile, tels les nature-mortes ou les sujets composés ; c’était pourtant la méthode de peinture qui prévalait à l’époque. Copier habilement, de façon réaliste, offenser ma conception de l’art et j’avais déjà cette attitude avant l’apparition du cinématographe… Ma vie et mon art depuis quarante ans, ont échappé à tout courant artistique ou autre. Pour être reconnu, aussi agréable que cela puisse être, je déteste les normes auxquelles il faut se plier pour obtenir ce privilège ; si cela était arrivé, j’aurais considéré que j’avais fait fausse route, car j’aurais été compris et accepté trop facilement.
Mes chers frères, je coupe court à tout ce que je pourrais dire de plus, sachant bien que si je figurais au palmarès des artistes américains à la mode, cela vous donnerait du plaisir mais croyez-moi, la liste des artistes en vogue est rarement un critère pour le futur.
Extrait du journal manuscrit de Fromuth conservé à « The Library of Congress » Washington DC.
Texte traduit de l’américain par C. Puget et F. Gloux
Paru dans le catalogue « Fromuth » du musée de Pont-Aven en 1989



Lettre de Mela Muter à fromuth
Fromutchen cher,
J’étais déjà presque fâchée de ne pas avoir eu de vos nouvelles, et j’ai demandé à Melle Lebourg de vous le dire. C’est ça sans doute qui vous a décidé de rompre votre silence ? Eh bien, je suis encore à Audierne, mais plus pour longtemps. J’espère partir pour Paris à la fin de cette semaine. J’ai beaucoup à faire à Paris, entre autres la copie qui m’a été demandée et pour laquelle j’aurais 800 francs qui me seront extrêmement nécessaires.
Outre cela, il y a un amateur. Qui s’est annoncé pour la fin de ce mois pour venir me voir au sujet d’un tableau que j’ai au salon d’automne. Tout ça me fait partir d’ici bientôt. Mais j’ai profité grandement de mon mois de solitude. J’ai travaillé comme une folle au moins 6 h par jour et je crois avoir fait plusieurs toiles qui sont pas mal du tout. Le peu de temps que j’ai eu m’a forcé de travailler de la sorte, mais je vous assure, je suis à bout de forces et je n’en puis plus. Je n’ai jamais, jamais de ma vie, travaillé ainsi. Je voudrais bien que vous voyiez tout le produit de ce temps et que vous le jugiez. Mais aussi, j’ai vécu comme une recluse, ne parlant à personne, employant le restant de mon temps à lire, à jouer (…) à écrire ou à me promener toute seule encore. Vous voyez donc de quel bain je sors !
Quand donc vous reverra-t-on à Paris ? Vous n’étiez pas de très bonne humeur à Audierne, ce qui m’a réellement affligé. Qu’aviez donc, confessez-vous ? Il y avait, c’est vrai, du mauvais temps. Mais n’y avait-il que ça ? Pour du mauvais temps, nous en avons eu tout le temps. Heureusement, j’ai travaillé tout ce temps-ci dans les intérieurs. J’ai fait ici un assez grand portrait de moi, que l’on m’a commandé pour une des plus importantes collections de chez nous. Je crois qu’il est bien. Et très ressemblant. Du moins, les gens d’ici me l’affirment. Malheureusement pour moi, vous ne le verrez pas parce qu’aussitôt arrivé à Paris, je vais le finir et l’envoyer pour toucher la galette. Il nous en faut. Voyez-vous, nous sommes couverts de dettes.
Je vous embrasse Fromutchen. Écrivez-moi et donnez-moi bientôt de vous bonnes nouvelles, mais déjà à Paris.
Mela Muter

Le 19 juin
Cher Fromutchen,
Je suis très heureuse de vous revoir bientôt mais je regrette infiniment que nous devons partir prochainement et qu’à cause de ça nous ne pourrons pas rester longtemps ensemble. Je reviens de Varsovie, j’étais absente pendant plus de six semaines et ne puis, puisque je dois partir bientôt, reprendre mon travail. Je pers beaucoup de temps à cause de ça. Mon atelier est si sale que je n’ose pas vous inciter de l’habiter ; vous prendrez donc une chambre dans un hôtel avoisinant, ce qui reviendra à 2-3 fr par jour, mais vous viendrez prendre tous les repas chez nous, nous vous prions beaucoup Michel et moi de le faire.
Je vous réponds par retour du courrier, comme vous me l’avez demandé, pour que cette lettre vous trouve encore à Concarneau.
A bientôt donc, télégraphiez si vous voulez qu’on vous prépare une chambre et l’heure de votre arrivée. Si ce n’est pas à 7h ou à 8h du matin nous vous attendrons à la gare.
Je vous embrasse
Mela Muter

Concarneau le 9 juin 1992
Monsieur Fromuth
J’ai un peu tardé à répondre à votre lettre. Les agents des compagnies de bateaux à vapeur ne m’ayant répondu que hier seulement.
Cela m’a fait plaisir d’apprendre que d’après ce que vous aviez vu à Paris comme arts que vous êtes dans la bonne voie. Cela a dû être une bien grande satisfaction pour vous de constater que vous avez utilement employé votre temps, observateur et travailleur comme vous êtes cela ne pouvait être autrement.
Vous m’excuserez de ne pas vous écrire une longue lettre, je suis un peu fatiguée la sœur de Melle Aline se mariait hier et l’on a dansé à l’hôtel jusqu’à 9 heures ce matin. Je vous remercie que vous ayez bien voulu faire pour moi à Paris, je suis certaine que vous avez fait ce que vous avez pu.
Présentez mes amitiés aux personnes que je connais et en particulier Mr et Mme … et …
En attendant le plaisir de vous voir je vous serre amicalement la main
Votre toute dévouée Louise Coatalem
PS sitôt reçu votre deuxième lettre j’ai fait retenir l’atelier pour Me Emile. Ci-joint vous trouverez les renseignements pour les bateaux du havre à Morlaix et de Brest à Douarnenez – de Morlaix à Brest vous serez obligé de prendre le chemin de fer, aucune compagnie de bateau ne reliant les ces villes.
